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J’ai lu Eat&Run de Scott Jurek

J’ai lu Eat&Run de Scott Jurek, champion d’ultra trail américain qui livre sa biographie, et partage ses expériences de course, sa vie sportive et familiale, des recettes et conseils de nutrition.

Depuis près de vingt ans, Scott Jurek domine le monde de l’ultramarathon. Il détient depuis 2010 le record des Etats-Unis sur vingt-quatre heures, acquis à Brive, lors de l’épreuve éponyme. Il est aussi l’un des personnages principaux du best-seller Born to Run de Christopher McDougall.

Scott Jurek témoigne du pouvoir de sa volonté et renverse pas mal d’idées reçues en matière de diététique sportive.

Les récits de courses épiques sont entrecoupés de recettes végétaliennes assez excitantes et de larges parts de sa vie, qui donnent une consistance et une empathie pour ce redneck du Minnesota, écartelé entre un père dur et une mère atteinte de sclérose en plaque.

Après une enfance passée à chasser et à pêcher dans le Midwest, il raconte l’évolution de son alimentation vers le végétalisme qu’il considère comme plus sain et qui lui apporte de meilleurs résultats ; son palmarès incroyable à l’appui de la démonstration.

Et c’est là que je me suis demandé si Eat&Run n’allait pas avoir dans nos assiettes le même effet que Born to Run dans nos souliers.

Je m’explique : Born to Run avait à l’époque fait prendre conscience à de nombreux coureurs que les chaussures à amorti maousse étaient certainement à l’origine d’un certain nombre de blessures, lançant ces mêmes coureurs à corps perdu dans la recherche de la chaussure minimaliste capable de redonner au coureur la foulée naïve de nos ancêtres – en blessant un certain nombre après des transitions bâclées. Quelques années sont passées et certains des gourous de la proprioception et de l’attaque médio-pied minimaliste sont maintenant chaussés de confortables HokaOneOne et semblent avoir apprécié la transition retour.

Dans Eat&Run, Jurek dévoile sa vie personnelle et retrace sa carrière exceptionnelle de champion végétalien pour en faire une source d’inspiration à l’attention de tous les autres coureurs, à travers un récit entrainant qui fait rêver le coureur, même modeste, au son de noms mythiques de l’ultra.

Je suis végétarien non pratiquant ou flexitarien non revendiqué : mon alimentation et celle de ma famille est sur bien des points très proche de celle prônée par l’ultratrailer américain – mais comme pour lui, mon alimentation vient d’habitude et de goûts que nous avons acquis par la pratique en étant à l’écoute de nos corps et de nos besoins.

Ce qui me gêne c’est la force d’exemple que prend le conseil donné par l’athlète de haut niveau à un public non averti et qui n’a pas forcément pris le temps de penser son alimentation.

Changer son mode de vie peut être pour beaucoup d’entre nous une nécessité, surtout au niveau alimentaire, la génération des babyboomers nous ayant livré (corps et âme) sans s’en apercevoir à l’agroalimentaire et à la mal bouffe. Il est important de reconquérir son assiette, mais comme tout processus, il faut prendre le temps de se connaitre et d’apprendre à se nourrir.

Scott Jurek n’est pas un ‘grand’ écrivain mais sa narration est agréable : le livre est vivant, je me suis régalé sur les descriptions de course contre les éléments, à travers les descriptions de paysages monumentaux. L’histoire familiale même de Jurek est édifiante et apporte au récit les ressorts psychologique qui donnent au héros son humanité. Les chapitres sont introduits par des maximes qui sonnent comme les mantras qui accompagnent le coureur de longues distances lorsque les limites sont dures à repousser – et qui livrent la philosophie de l’auteur.

De plus, ce livre donne à réfléchir sur l’une des lois « intangibles » de l’alimentation selon laquelle il faut des protéines animales pour développer du muscle. Il rassurera ceux qui ont pris conscience que changer son alimentation est une nécessité pour mieux vivre et pourquoi pas pour mieux courir.

Ses grandes victoires:

Spartathlon, une course longue de 245 km ralliant la ville d’Athènes à celle de Sparte, qu’il remporte trois fois de suite en 2006, 2007 et 2008.

Hardrock Hundred Mile Endurance, où il s’impose en 2007.

Western States Endurance Run, qu’il remporte sept années consécutives, de 1999 à 2005.

Badwater Ultramarathon, qu’il remporte en 2005 et 2006.

Miwok 100K Trail Race, qu’il remporte en 2002, 2003 et 2004.

Leona Divide 50 Mile, il gagne cette course quatre fois en 2000, 2001, 2002 et 2004.

Diez Vista 50K Trail Run, où il s’impose en 2000 et en 2003.

Montrail Ultra Cup Series, qu’il remporte en 2002 et 2003.


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Ecrit 2 juin 2015 par DanRunParis dans la catégorie "Food", "Allergies", "Course", "Lectures", "Bières", "Blog", "Energétique", "Run", "Sans gluten", "Energétique

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